Je reviens du resto. J'ai bien mange!

Et comme aprés chaque bon repas, j'aime bien finir par un bon déssert. Je choisis une salade de fruits avec 2 boules de glace et crème chantilly. J'attends avec impatience que l'on nous apporte notre commande. Voici le serveur qui baragouine quelques mots incompréhensibles, mais dans l'ensemble, je comprends qu'il n'ya plus de chantilly...Et la, le monde autour de moi s'arrete! Non, j'exagère! Mais j'attendais tellement de manger de la crème chantilly que j'ai vraiment été trés frustrée.
Je commande une salade de fruits toute simple. Elle était bonne mais toute simple!! Et pendant le reste du repas, mes amis se moquent de moi à cause de la chantilly. Je ne peux pas leur expliquer pourquoi je tenais à manger ma chantilly, alors j'essayais de changer de sujet de conversation. Maintenant que je suis rentrée, que la soirée est terminée, je peux essayer d'expliquer la déception que j'ai eue.

C'est tout simple, demain j'ai une chimio. La 21ème!
Depuis toujours, la chantilly c'est mon truc, je suis une vraie gourmande de chantilly. Mon soucis, c'est que dés demain matin, je détesterai le goût crémeux et sucré de la chantilly. Et ça, pendant au moins 5 jours. Alors que c'est mon péché mignon. J'aimerais avoir envie de manger de la crème chantilly et des fraises et du mont-blanc à la pistache quand j'ai des nausées. Mais j'ai envie de rien et pire que ça, ça me dégoute.
Donc voila grossièrement le malaise que j'ai ressenti ce soir. J'accepte la règle du jeu qui dit que "Tous les 14 jours je dois recevoir une cure de Folfiri. Et que cette cure provoque des nausées, la perte des cheveux et de la fatigue". Mais rien ne dit dans cette règle que je ne peux plus apprécier et être dégoutée de ce qui me fait plaisir d'habitude.
Je commence à cerner de plus en plus ce qu'est "être malade d'un cancer". C'est plus qu'avoir une dégénérescence de ces cellules, c'est aussi ... je sais pas comment l'expliquer!! En ce moment, je me dis que quand on est malade, on essaye de trouver des choses qui nous réconfortent qui nous font oublier la maladie. En quelque sorte, on s'accroche à des branches.
Quand on a le cancer, c'est pareil, on se trouve des branches, on s'y accroche, parfois ça permet de se sentir mieux et de repartir plus fort et d'autres fois, la branche casse et on comprends pas pourquoi on ne peut pas faire comme s'y de rien n'était, on n'a pas le droit d'oublier un instant que notre vie a changé.
Je m'arrête la, car j'ai l'impression de divaguer! C'est difficile d'expliquer ce que l'on ressent, surtout, quand on n'arrive pas à se l'expliquer soi-même. J'avais pas encore écris d'article à chaud comme ce soir. D'habitude, j'écris des articles sur ce que je vis mais avec au moins une semaine ou deux de recul. Je sais pas si ce que je viens de dire est clair ou intéressant, mais j'avais envie de le dire, alors, voila, c'est fait!