A ma sortie de l'hôpital, je suis partie chez ma mère pour qu'elle s'occupe de moi. J'habitais avec mon ami, mais son travail et les transports en commun ne lui permettait pas de me tenir compagnie assez souvent. J'ai donc passée un mois de convalescence à Gien (avec son chateau, et la faïence, n'oubliez pas! ;-) ).
Je ne sais pas comment j'ai fait, mais je me suis tout de suite occupée correctement de ma stomie. Une infirmière venait me changer les pansements, elle en profitait pour regarder ma stomie. Elle m'a tout de suite rassurée en me disant que je m'en occupait bien. Et on en discutait comme on discutait des cicatrices, donc ce n'était pas du tout un sujet tabou. Je crois que ce qui m'a beaucoup aidé dans ma maladie, c'est d'avoir toujours eu au moins une personne à qui parler, que ce soit un professionnel de la santé, un membre de ma famille ou mon ami.
La vie allait pas trop mal tant que j'étais chez moi (= chez ma mère), je ne sortait pas beaucoup, mais j'avais beaucoup de visites. D'être chez moi, prés de mes poches et de tout mon matériel me rassurait. J'avais donc beaucoup de mal à sortir longtemps de la maison. C'est ce qui m'a empêchée de me sentir à l'aise tant que j'ai eu ma stomie. J'avais sans arrêt peur de la fuite, des odeurs. Que le gens la voient.
C'est là, que je me demande si j'aurais du le dire à mes amis. Car j'avais beaucoup moins peur de tout ça quand j'étais dans ma famille que quand j'étais avec mes amis. Aprés coup, ils m'ont ne jamais avoir rien remarqué. Je suis donc contente d'avoir su la cacher. Mais est-ce que ça en valait la peine?
Suite à la remise en continuité (8 mois aprés), j'ai expliqué à mes amis ce qu'était une stomie. Quasiment tous n'avaient aucune idée de ce que c'était.
Je ne sais toujours pas si j'aurais du en parler. Tout le monde me dit que c'est rien, y a pas de raison d'être génée. Mais essayez de parler "d'anus artificiel" entre potes....
Sur cette dernière pensée, j'espère que ceux qui se sentiront concernés, donneront leur avis.